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“La préservation de la biodiversité
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Ces paysans du Cher qui cultivent des semences anciennes

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2 janv 2018

Article paru dans Le Berry.fr

Sébastien Sabatier, éleveur à Allouis, prévoit d’expérimenter du maïs, l’an prochain, pour nourrir ses chèvres. Photo stephanie para. © Stéphanie Para

Dans le Cher, quatre agriculteurs participent à une sélection participative de semences dites « anciennes », en partenariat avec l’Inra. L’idée ? Trouver parmi ces « semences de pays », des variétés qui poussent sans intrants, résistent aux parasites et les améliorer. Un travail de fourmi méconnu du grand public. Rencontres avec trois paysans qui veulent mettre de la biodiversité dans le pré.

Sandie Floquet est devenue paysanne en 2015. « Je travaillais dans le droit de l’environnement. Quand ma sœur aînée s’est installée avec ses chèvres, j’ai eu le déclic. »

La jeune femme se forme en agrobiologie, à Château-Chinon. Et s’installe à Loye-sur-Arnon, en production céréalière bio. « Je voulais cultiver le plus d’espèces et de variétés possibles. Car chaque espèce se complète. Avec deux espèces par champ, on a moins de mauvaises herbes. Je voulais travailler en accord avec mes convictions, cultiver sainement et préserver la biodiversité. Et, à terme, faire mes propres semences et être autonome. »

Faire avancer la recherche

Pour elle, s’engager dans l’expérimentation de sélection participative de semences anciennes – le fameux SPEAL (1) porté par l’Inra du Moulon (Essonne) et l’ARDEAR Centre (2) – va dans le sens de cette biodiversité.

« On travaille à comment adapter des espèces à des pratiques locales, à un climat et des terres, poursuit Sandie Floquet. Cela permet aux paysans de s’impliquer dans le choix des espèces qu’ils cultivent. Je fais cela pour faire avancer la recherche, mais aussi pour mon propre plaisir. »

Une démarche dans laquelle le soutien de l’Inra est fondamental. « Les chercheurs nous aident à comprendre. »

« Je connais des paysans qui en sont à 600 variétés »

Orge, épeautre, engrain, blé… Jusqu’ici, Sandie expérimente vingt variétés, « mais je connais des paysans qui en sont à 600 », lance-t-elle.

À Allouis, Alexa Billon et Sébastien Sabatier sont loin des 600 variétés testées. Le couple a repris la chèvrerie des parents d’Alexa en 2013 et a rejoint l’expérimentation de l’Inra en 2016, afin de « participer à la conservation d’un patrimoine génétique qui n’existe plus ». Le succès n’est pas au rendez-vous. « Cette année-là, le printemps a été très pluvieux, on avait planté dans des terres hydrophobes, et on n’a rien récolté du tout. »

En tant qu’éleveurs, Alexa et Sébastien ont envie, comme Sandie Floquet, d’être autonomes en matière de semences pour le maïs et le tournesol. « L’inconvénient du SPEAL, note Sébastien, c’est que c’est un travail de longue haleine. La première année, on nous fournit de quoi semer dix arrhes. Pour avoir un hectare, il faut au moins trois ans. »

Après ce premier essai raté, Alexa et Sébastien recommenceront en 2018. « On expérimentera du maïs, c’est ce qui nous rendra le plus service pour nourrir les chèvres. Le voisin a fait un essai avec une semence du sud de la France, et cela a plutôt bien marché. »

Depuis septembre, Alexa Billon et Sébastien Sabatier sont en partenariat, sur la ferme, avec Dominique et Marie-Hélène Feur, des céréaliers boulangers.

En pleine reconversion après une vie urbaine à Dijon, le couple se lance lui aussi dans l’expérimentation de céréales anciennes : « Elles sont intéressantes pour la production de pain, parce qu’elles sont plus concentrées en nutriments. On a semé des blés de Redon, des barbus, des blancs, des rouges, des petits… Cette année, on va observer comment ils s’adaptent au sol, puis on s’adaptera. »

« Avec la sélection participative, conclut Sandie Floquet, on se bat pour que le vivant n’ait pas de maître. »

(1) Sélection participative d’espèces annuelles et ligneuses.

(2) Association régionale pour le développement de l’emploi agricole et rural.

Marie-Claire Raymond

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