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Formation « Évaluation » : deux approches pour une même conclusion !

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Une vingtaine de participants aux motivations variées étaient présents aux deux journées de formation sur l’évaluation des variétés de blés, les 9 et 16 janvier dernier au CFP de Moirans. Les apports d’Isabelle Goldringer, chercheuse à l’INRA de Versailles, et Jean-François Berthellot, paysan dans le Lot-et-Garonne, ont permis faire le point sur l’histoire et l’agronomie des blés, et – espérons-le – de donner des éléments aux participants pour guider leur manière d’observer leurs cultures.

Avec leurs regards différents, celui d’une chercheuse et celui d’un paysan, les deux intervenants arrivent finalement aux mêmes conclusions ! Isabelle nous propose une approche agronomique à travers les différents stades de développement des blés. En étudiant les caractères de précocité des blés, et leur sensibilité à la température (vernalisation) et à la longueur du jour, elle montre que ces caractères sont génétiques. Ils sont différents selon les variétés et, surtout, ils varient selon les époques de sélection.

Jean-François s’appuie lui sur l’histoire de l’évolution et de la sélection des céréales pour montrer que les caractères des blés cultivés dépendent largement des objectifs de ceux qui les cultivent. Au cours de cette histoire, les caractères de production ont été accentués, au détriment de caractères de rusticité et de qualité. Les variétés anciennes ne correspondent cependant plus aux attentes des paysans d’aujourd’hui en matière de culture et de rendements. Il est donc nécessaire de les faire évoluer.

Ces exemples montrent aussi que les variétés de blé sont très souples : leurs caractéristiques génétiques évoluent dans le temps et s’adaptent aux conditions de l’environnement dans lesquelles elles sont cultivées ! Des études menées par Isabelle démontrent cette plasticité génomique des blés : une même population composite est cultivée dans plusieurs sites du Nord et du Sud de la France, et ressemée chaque année sans sélection. Après dix générations, elle s’est différenciée : on retrouve, au Nord, des populations de type hiver, tandis qu’au Sud, ce sont les blés de printemps qui prédominent.

Autre exemple : dix populations de Rouges de Bordeaux sont suivies chez plusieurs paysans. Cultivées à la ferme, elles développent des caractères particuliers, en réponse aux conditions environnementales et aux pratiques paysannes très contrastées de l’agriculture biologique. Conservation de la diversité et pratiques paysannes sont donc liées !

C’est ce que Jean-François appelle la « mobilité intérieure ». La sélection a provoqué un appauvrissement de la diversité génétique des populations. Mais les pratiques différenciantes des paysans permettent de retrouver une diversité génétique, en leur proposant des conditions de culture variées.

Cette « mobilité intérieure » plaide pour une gestion à la ferme de la diversité génétique des plantes cultivées. Les champs des paysans constituent en effet un immense « réservoir de variabilité », complètement en phase avec les conditions de culture, qui n’est aujourd’hui absolument pas exploité. Les producteurs de semences utilisent en effet un nombre restreint de géniteurs – et choisissent des critères de sélection très restrictifs. Or, des pratiques paysannes sont en train de se construire pour générer et conserver – de façon dynamique – la diversité. Ces pratiques sont complémentaires de la conservation ex situ, seule reconnue en France aujourd’hui.

Cependant, les deux intervenants s’accordent sur la difficulté d’évaluer les variétés. D’une année sur l’autre, elles des comportements différents, et sur plusieurs années, elles évoluent. Pour Jean-François, il est vain de chercher la variété idéale. Il faut apprendre à observer ses blés, garder ceux qui s’adaptent chez soi et expérimenter plusieurs années. Isabelle reconnaît que les outils de la recherche conventionnelle ne sont pas adaptés aux besoins et aux contraintes des paysans.

Tous deux estiment que les mélanges sont un bon moyen de tirer parti des qualités et complémentarités des différentes variétés, sans alourdir démesurément sa charge de travail. Néanmoins, certains estiment que des précautions sont à prendre : avant de réaliser un mélange, il faudrait connaître les qualités boulangères des différentes variétés, car une fois le mélange fait, il n’est plus possible de les enlever ! D’autres pensent que plus un mélange est riche, plus il sera bon, à la fois au champ et au pain.

Pour maintenir une grande diversité dans le mélange et éviter que disparaissent des variétés moins productives qui peuvent avoir un intérêt, une organisation collective est nécessaire : il faut qu’il y ait des paysans mainteneurs dans les régions et que les échanges soient favorisés.

Dans le cadre de cette formation, une troisième journée vous est proposée. Nous irons sur une ferme, pour voir les variétés de blés dans les champs. Rendez-vous donc au mois de juin !

NB : Retrouvez le compte-rendu de cette formation en ligne: Isabelle Goldringer / Jean-François Berthellot
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