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“La préservation de la biodiversité
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Du 23 au 26 juin 2009, à Port Sainte-Marie dans le Lot et Garonne, plus de 150 paysan(ne)s, artisan(e)s, technicien(ne)s et chercheur(se)s venues d'Europe et de pays méditerranéens se sont réunis pour échanger sur leur savoir-faire autour de la culture et l'utilisation des variétés paysannes de blé et autres céréales. En attendant le film et les supports pédagogiques qui sortiront de ces rencontres fécondes, voici un petit aperçu de la richesse et de l'enthousiasme qui ont accompagné ces 4 journées des rencontres RENABIO pour la renaissance de la biodiversité céréalière et des savoir-faire paysans.
Par Hélène Zaharia et Patrick De Kochko

Depuis sa naissance en 2003, le Réseau Semences Paysannes et ses membres ont tissé des liens avec les paysans d'autres pays européens. Au fil des rencontres européennes (Libérons la Diversité), des échanges paysans (voyages semences de connaissance) ou des voyages d'étude (Syrie), les liens se sont créés et renforcés, montrant la richesse des savoir-faire paysans et artisanaux mais aussi la convergence des questionnements soulevés par l'industrialisation de l'agriculture et ses conséquences sur la disparition de la biodiversité cultivée. Ces rencontres ont ainsi rassemblé des représentants d'Italie, Espagne, Portugal, Suède, Allemagne, Angleterre, Belgique, Roumanie, Bulgarie, Georgie, Grèce, Hongrie, Syrie, Jordanie, Iran et Palestine en un bouquet bigarré de céréales et de savoir-faire. Ces rencontres se tenaient sur la ferme de Cécile et Jean-François Berthellot qui abrite aussi la collection vivante de céréales du CETAB (Centre d'Etude et Terre d'Accueil des Blés).

L'automne dernier, la plupart des participants avait envoyé des échantillons des variétés cultivées de leur pays. Pour l'occasion, la collection vivante était présentée sur le modèle des jardins du paradis. On pouvait observer les ancêtres sauvages du blé (Aegilops, Diccocoides) dans le rond central avec les premiers triticum cultivés : engrain, amidonnier, épeautre. La première moitié de la collection proposait ensuite un historique de la sélection française des blés tendres depuis les années 1850 avec les populations de pays juqu’aux variétés récentes . Dans la seconde moitié on pouvait admirer venus de tout les pays, la diversité des blés tendres et durs, des poulards, des amidonniers, des grands épeautres, avec ou sans barbes, rouges, verts, jaunes, blancs, ondulant, courbés, dressés et même des seigles et des orges anciens. C'est un véritable bouquet de diversité paysanne qui fut présenté lors des visites de la collection.

Parce que toute cette biodiversité est indissociable des savoir-faire qui les transforment et les mettent en valeur, ces rencontres se sont ensuite poursuivies au rythme d'ateliers pratiques : pain au levain de blé, maïs (Portugal), seigle (Portugal, Suède), pâtes artisanales (Italie), polenta (Italie) ou mamaliga (Roumanie) de maïs, galettes de blé, pain d’épices, pains plats Syriens, Géorgiens ou Iraniens, etc. Des paysans et boulangers géorgiens avaient même amené pour l'occasion leur four, qui, n'ayant pas résisté au transport, a été réparé sur place puis utilisé pour la cuisson du pain traditionnel. Dans chaque atelier, on a vu tour à tour des visages studieux, des regards étonnés, des débats entre paysans, artisans, techniciens, chercheurs, des échanges parfois passionnés sur telle ou telle pratique. Ce fut frappant de constater combien des paysans vivant dans des contextes et des cultures très différents, à des milliers de kilomètres les uns des autres arrivaient aux mêmes constats sur l'évolution de l'agriculture et des modes de transformation. Et comme il est important de joindre l'utile à l'agréable, l'équipe de cuisine intégrait chaque soir aux menus des participants les productions des ateliers (dégustations de différentes recettes de pâtes, de mamaliga, de polenta, de pains,...).

La dernière journée, la parole fut donnée aux chercheurs qui ont décidé d'accompagner les agriculteurs dans leurs démarches de sélection. Et bien sûr il est impossible de parler de biodiversité cultivée et paysanne sans évoquer les réglementations qui peu à peu dépossèdent les paysans de leurs droits sur les semences et menacent grandement la culture de cette biodiversité. Ces rencontres se tenaient quelques semaines après une réunion du Traité sur les ressources phytogénétiques qui reconnaît les droits des agriculteurs à conserver, cultiver, ressemer leurs semences, mais a bien du mal à faire exister ces droits face aux droits de propriété intellectuelle et aux réglementations sur le commerce des semences.

Ces rencontres furent riches et elles seront sans aucun doute fécondes car elles ont semé l'envie d'avancer encore plus chez de nombreux participants, à l'instar des amis américains qui sont repartis avec le projet (pas si) fou de créer un réseau des semences paysannes chez eux. Elles ont aussi montré le formidable potentiel de création et maintien de biodiversité des agriculteurs (et des artisans) dès lors qu'on valorise leurs savoirs et qu'on reconnaît leurs droits.

informations légales Réseau Semences Paysannes 3, av. de la Gare 47190 AIGUILLON
Tel. 05 53 84 44 05 • Fax. 05 53 84 69 48 • courriel
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