Bulletin de liaison n° 33 - janv 2009
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01/12/2009 Réglementation européenne Un nouveau catalogue pour développer ou pour restreindre la biodiversité cultivée ? |
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Sur le front de la cœur de bœuf,
Par Jean-Luc Danneyrolles
(les suites du dossier N°24 "on achève bien la coeur de boeuf")
Incontournable tomate cœur de boeuf ! Qui aurait pu imaginer qu’elle devienne un peu l’égérie potagère de notre combat ? Sa haute qualité reconnue, il n’en fallait pas plus pour que son identité soit malmenée et quelques gros producteurs tomatiers (dont le groupe Saveol) pour profiter de cette aubaine médiatique, de cette image très forte pour produire et vendre tout autre chose.
Pour désinformer le client, qui lui finit par se perdre dans cette confusion générale. La mise sur le marché d’hybrides F1 issus de variétés anciennes de tomates vient finir d’anéantir notre travail. La technique des hybrides F1 n’est ni ancienne, ni traditionnelle. Inventée par l’industrie semencière et jamais utilisée par les paysans ou les jardiniers qui sélectionnent leurs semences, elle vise à obtenir des récoltes plus uniformes et abondantes, mais aux qualités nutritionnelles et gustatives bien moindres. Elle empêche surtout les agriculteurs et les jardiniers d’utiliser leur récolte comme semence. Pourquoi l’administration si prompte à poursuivre les associations ou les paysans qui commercialisent de véritables semences de variétés anciennes tolère-telle une telle tromperie du consommateur ?
Et je crois de plus utile de rappeler que la qualité d’une tomate réside dans la méthode culturale autant si ce n’est plus que dans le choix de la variété.
Mais revenons à notre cœur de bœuf.
Dans le printemps 2008, le GEVES et l’INRA ont réagi à notre demande de clarification au sujet du nom et de l’identité. Ils ont repéré « cœur de bœuf », « Liguria », « albenga » pour la même tomate qui est joliment plissée, rouge intense et ressemble à une sorte d’aumônière. Contrairement à cœur de bœuf ,sa coupe présente des cavités. Dans mon jardin elle porte le nom de « zapotek » depuis environ 15 ans.Une étude scientifique a démontré la proximité génétique de ce type de tomates plissées (variétés « anciennes » européennes) avec les variétés mexicaines anciennes. Dans le document du GEVES, il est mentionné qu’une cœur de bœuf doit logiquement être cordiforme (cqfd). Les italiens semblent aussi dans la confusion. L’arrivée du nom d’Albenga pour une tomate est nouveau. Albenga, charmante petite ville côtière est connue pour une courge à la trompe d’Albenga (cucurbita moschata) mais pas pour une tomate. Liguria évoque une région. Nous passons d’un nom descriptif (cœur de bœuf) à deux noms d’identité géographique. Le GRAB d’Avignon emploie toujours la jolie formule de « cœur de bœuf en forme de poire ». Prévert aurait à coup sûr apprécié. Nous avions convenu avec François Delmond de l’origine italienne de cette vraie cœur de bœuf « cuor de bue » en italien. Mais c’était sans compter sur la perspicacité et le travail de recherche de François qui a découvert l’été dernier une mention et une origine lyonnaise à la cœur de bœuf, variété a chair rouge introduite par l’établissement Rivoire père et fils en 1935. Quelle jubilation de comprendre pourquoi mon arrière grand père la cultivait encore en 1950 au sud de Lyon ! Le GEVES doit trancher sur ce problème de dénomination et le tomatier français doit stopper sa publicité mensongère. Finalement notre cœur de bœuf est résistante. C’est contagieux… surtout quand on en mange, de la vraie !
PS1 l’abominable Syngenta propose une borsalino hybride F1 type zapotek ou liguria
PS2 vu ce matin 15 janvier 2009 dans un rayon primeur, une grosse noire de crimée vert de gris étrange…En France.
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