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Assemblée Nationale Question N° : 58846 de M. Michel Terrot ( UMP - Rhône ) - Etude internationale sur pesticides systémiques _ REPONSE

Niveau juridique : France

Question publiée au JO le : 01/07/2014

Réponse publiée au JO le : 16/09/2014

Texte de la question

M. Michel Terrot appelle l’attention de M. le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement, sur les conclusions préoccupantes d’une étude scientifique publiée le 24 juin 2014 dans une revue internationale de référence par un groupe de travail sur les pesticides systémiques regroupant une cinquantaine de scientifiques de 15 nationalités, pour la plupart universitaires ou chercheurs au sein d’organismes publics. Selon ce travail qui a passé en revue 800 études publiées dans la littérature savante sur ces insecticides, plusieurs molécules présentes dans les insecticides - imidaclopride, thiaméthoxame, clothianidine et fipronil - sont aujourd’hui utilisées à grande échelle et non seulement appliqués en pulvérisation mais également dans le traitement des sols et en enrobage des semences, dans le cadre d’une utilisation systématique et préventive. Ces recherches montrent qu’une part importante de ces substances n’est pas absorbée par les plantes au cours d’une seule saison végétative et que ces produits s’accumulent ainsi dans les sols où ils persistent de plusieurs mois à plusieurs années. De plus, ces molécules sont hautement solubles dans l’eau et peuvent contaminer des zones n’ayant jamais été traitées. Cette étude précise également que l’imidaclopride a été détecté dans 91 % de 74 échantillons de sols français analysés en 2005 et souligne qu’il existe « des preuves fortes que les sols, les cours d’eau et les plantes, dans les environnements urbains ou agricoles, sont contaminés, à des concentrations variables, par des mélanges de néonicotinoïdes, de fipronil et de leurs produits de dégradation ». Bien que ces concentrations relevées ne conduisent généralement pas à une toxicité aiguë, il semble néanmoins, selon ces travaux, que l’exposition chronique à ces faibles doses fragilise les populations de nombreuses espèces et soit un « élément déterminant » dans le déclin des abeilles. Ces travaux soulignent enfin que le déclin des insectes a une incidence forte sur le déclin des oiseaux, dont plus de la moitié sont insectivores. Compte tenu de ces présomptions scientifiques fortes quant à l’implication probable de ces substances chimiques, en synergie avec d’autres facteurs environnementaux, sur le phénomène de diminution sensible du nombre d’insectes et notamment de certaines espèces pollinisatrices indispensables à l’agriculture, il lui demande donc de bien vouloir lui préciser quelles mesures envisage le Gouvernement pour développer les recherches scientifiques dans ce domaine et prendre des mesures visant à réglementer plus strictement l’emploi de ces produits chimiques dans le domaine agricole.

Texte de la réponse

Les principes uniformes d’évaluation des produits phytopharmaceutiques, définis au niveau européen, portent sur la santé humaine, animale et l’environnement. En ce qui concerne le fipronil, aucun produit n’est autorisé en France. Concernant les néonicotinoïdes, la Commission européenne a adopté en mai 2013, avec le soutien actif de la France, le règlement (UE) 485/2013 qui comprend des dispositions concernant trois molécules de cette famille chimique (clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxame). Ce règlement s’est traduit par des retraits ou des restrictions d’usages des produits phytopharmaceutiques contenant ces substances. L’EFSA (autorité européenne de sécurité des aliments) a proposé en juin 2013, un cadre révisé de l’évaluation du risque des produits phytopharmaceutiques. Ce cadre prend en compte de manière plus large le risque pour les abeilles domestiques et certains pollinisateurs sauvages, au-delà du seul risque oral aïgu pour les abeilles domestiques. Les autorités françaises participent activement aux travaux sur ces nouvelles lignes directrices. Par ailleurs, en France, l’arrêté interministériel du 28 novembre 2003 fixe les conditions d’utilisation des insecticides et acaricides à usage agricole en vue de protéger les abeilles et autres insectes pollinisateurs. L’ANSES, saisie par le ministère chargé de l’agriculture sur la révision de cet arrêté en vue de mieux protéger les abeilles et les autres insectes pollinisateurs, a rendu son avis le 31 mars 2014. L’arrêté du 28 novembre 2003 sera prochainement modifié pour prendre en compte cet avis. Enfin, le projet de loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt (LAAAF) prévoit le renforcement du réseau de « phytopharmacovigilance ». Il s’agit d’un réseau de surveillance des effets indésirables des produits phytopharmaceutiques sur l’homme, sur la biodiversité, sur la faune sauvage, sur l’eau et le sol, sur la qualité de l’air et sur les aliments, ainsi que de l’apparition de plantes résistantes à ces produits. Ce dispositif prendra en compte les dispositifs existants de surveillance de la santé des personnes et des travailleurs, les dispositifs de surveillance environnementale et l’observatoire des résidus de pesticides.

Lien : questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-58846QE.htm

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